HISTOIRE DU PANTHÉON

La naissance du Panthéon des sports du Québec

Au cours des années d’après-guerre, quelques fervents sportifs lancent l’idée d’ériger un Temple de la renommée des sports canadiens. Le projet se réalise en 1955, lors d’une première intronisation. À cette époque, peu de Canadiens français trouvent leur niche dans ce Temple de la renommée. Bien que certains athlètes, tels que le boxeur Eugène Brousseau ou les coureurs Édouard Fabre et Gérard Côté, réussissent à dominer leur discipline et fassent vibrer leur compatriotes par leurs exploits, la communauté francophone n’est pas encore prête à conduire une semblable entreprise.

Il faudra attendre le début des années 1970, et une bonne estime de soi collective, avant qu’un projet de la sorte prenne forme. On doit à Carl Schwende l’amorce de ce mouvement.

Le Panthéon des sports amateurs du Québec

Le 26 juin 1973, le Panthéon des sports amateurs du Québec obtient sa charte. Cet organisme dirigé par Carl Schwende est sous la tutelle de la Confédération des sports du Québec (CSQ). À la fin de l’année, la CSQ présente pour une première fois le « Mérite sportif québécois ». Si cette soirée est consacrée aux jeunes athlètes actifs, la CSQ veut également y souligner l’apport des anciens athlètes du sport amateur. De réunion en réunion, les préparatifs vont bon train afin de procéder à une première intronisation du Panthéon.

La soirée du 18 avril est à retenir dans la mémoire collective québécoise. À ce moment précis de l’histoire, le Québec reconnait publiquement les exploits et les réussites de six personnalités sportives. Mais l’organisation d’un tel événement demande de grands efforts et une importante contribution financière. Malgré le succès de la soirée, la CSQ hésite à poursuivre dans cette direction.

La formation d’un comité provisoire

Tirant une leçon des rebuffades et des insuccès, Carl Schwende propage l’idée patiemment et cherche des alliés partageant ses convictions profondes. Le journaliste François Béliveau est de ceux-là. À l’été 1989, les deux comparses forment un Comité provisoire du Panthéon des sports du Québec. Ils obtiennent l’aide de Léandre Normand qui devient le coordonateur du comité. Laurent Godbout, Jean-Guy Chaput et finalement Edgar Théorêt s’ajoutent au groupe. Pendant une période intensive de sept mois, la nouvelle équipe apporte un deuxième souffle au projet.

Le 12 février 1990, l’organisme Les immortels du sport québécois est légalement constitué. On choisit cette dénomination, car le nom « Panthéon » est déjà enregistré. Finalement, on parvient à s’entendre avec les propriétaires du nom « Panthéon ». Le 7 mai 1990, lors d’une assemblée spéciale, un règlement est adopté en vue de changer la dénomination sociale de la corporation « Les immortels du sport québécois » en celle de « Panthéon des sports du Québec ».

Quatre mois après sa naissance, le 12 juin 1990, le Comité provisoire termine ses activités et laisse sa place à une structure permanente. La transition se fait sans problème. La même journée, lors d’une assemblée extraordinaire des membres, on discute du rapport du Comité provisoire, on ratifie les règlements généraux, on procède à l’élection des membres du Conseil d’administration et l’on adopte un plan d’action de financement.

Le lancement officiel du Panthéon

Le 17 juillet 1990, on procède au lancement officiel du Panthéon des sports du Québec. La cérémonie se déroule avec la collaboration de Pierre Bibeau, président de la Régie des installations olympiques (RIO). La RIO pose alors un geste symbolique : en rallumant la vasque olympique, elle veut de témoigner de sa volonté ferme de favoriser l’épanouissement du sport amateur et professionnel au Québec, en s’associant au lancement et à l’implantation du Panthéon des sports du Québec. Un clin d’œil est également fait aux Jeux olympiques de Montréal en confiant au coureur Gérard Côté, quatre fois champion du célèbre marathon de Boston dans les année 1940, la tâche de relayer la flamme à Sandra Henderson et Stéphane Préfontaine, comme lors des cérémonies d’ouverture en 1976.

Edgar Théorêt déclare alors : « Le Québec pourra désormais perpétuer une histoire sportive et celle de ses grands athlètes et bâtisseurs. Voilà pourquoi nous sommes heureux d’annoncer aujourd’hui, la mise sur pied du Panthéon des sports du Québec, destiné à honorer ces immortels qui nous ont donné de si grandes joies et dont nous sommes tellement fiers. »

Le premier Gala d'intronisation

Forts des appuis de toutes parts et satisfaits de l’impact médiatique retentissant obtenu lors du lancement, les membres du Panthéon continuent le travail en vue de réaliser le plan d’action. Concrètement, les gestes posés tendent à la réalisation des trois principaux objectifs : former un comité de sélection et mettre en branle l’organisation d’un premier gala, commencer le processus menant à la création d’un musée des sports et trouver le financement requis afin d’être en mesure de réaliser les buts à atteindre.

Le 30 septembre 1990, lors de l’assemblée annuelle de Sports-Québec, le président Edgar Théorêt annonce que la première intronisation au Temple de la Renommée des sports du Québec aura lieu en 1991.

Le 25 avril suivant, le Panthéon convie la presse à une rencontre à la Salle John-Molson de la brasserie Molson-O’Keefe afin de dévoiler les noms des douze premiers intronisés lors d’un gala qui aura lieu le 24 mai à l’hôtel Le Quatre saisons à Montréal.

La préparation du gala va bon train, plus d’une douzaine de bénévoles, sous la supervision d’Edgar Théorêt et de Léandre Normand, s’activent à leurs tâches. Le Panthéon reçoit la collaboration exceptionnelle de Richard Dupuis, des Pétroles Esso qui supportent financièrement le Panthéon. L’implication morale et financière des ministres Gaston Blackburn à Québec et Pierre Cadieux à Ottawa permet de conclure le financement. Le président du Panthéon voit lui-même à la supervision de la vente de billets. Les résultats sont tels qu’il manque de places! On affirme qu’on aurait pu vendre 200 billets supplémentaires aux 500 déjà vendus.

Enfin, le 24 mai à 19h, Michel Beaudry, l’animateur de la soirée déclare : « Ce 24 mai 1991 laissera sa marque dans l’histoire sportive du Québec puisque ce soir, un vieux rêve de vingt années se concrétisera avec la cérémonie d’intronisation... »
 
- Paul Foisy (18e programme souvenir, 24 novembre 2008)

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