Biographie de: CARPENTIER, Édouard

Naissance : 17 juillet 1926 à Roanne en France
Décès : 30 octobre 2010 à Montréal
Intronisation : 2018
Discipline : lutte professionnelle
Catégorie : Athlète


Figure légendaire de l’âge d’or de la lutte québécoise et célèbre pour ses acrobaties spectaculaires dans le ring, Édouard Carpentier a été associé pendant près d’un demi-siècle à la lutte professionnelle.

Né Édouard Wieczorkiewicz, le 17 juillet 1926 à Roanne en France, il connaît une enfance difficile, ce qui le pousse vers la lutte « amateur » et principalement, la gymnastique. Diplômé en éducation physique, il fait partie de l’équipe de réserve française en gymnastique aux Jeux olympiques de 1948 à Londres et deux ans plus tard, aux championnats mondiaux en Suisse.

Au début des années 1950, sa rencontre avec l’acteur italien Lino Ventura va changer son destin. Celui-ci, ancien catcheur et promoteur de combats, proposa à Édouard de devenir cascadeur, puis de passer à la lutte professionnelle. Il sera même son agent à ses débuts.

Il commence à participer à des spectacles de lutte sous le nom d’Eddy Wiecz. Son habileté dans le ring attire l’attention de deux lutteurs Québécois, Frank Valois et Larry Moquin. Ce dernier mentionne sa découverte à Eddie Quinn, célèbre promoteur de lutte à Montréal et Quinn demande à son partenaire d’affaires, Yvon Robert, d’aller en France pour en savoir davantage.

Impressionné, Robert l’invite au Canada où il prendra le nom d’Édouard Carpentier afin de se donner une couleur française. Son premier combat est disputé au Forum de Montréal le 18 avril 1956. Rapidement, il gagne en popularité et son ascension est incroyable. Trois mois après ses débuts, il attire la plus grande foule de l’époque au stade Delorimier. À deux autres reprises à l’été 1956, il attire plus de 20 000 spectateurs comme tête d’affiche.

La célébrité de Carpentier dépasse les frontières canadiennes et il va se produire à travers les États-Unis, le Japon et va même retourner en France. En 1957, il est d’ailleurs sacré champion des poids lourds de la National Wrestling Alliance. Suite au décès de Quinn en 1964, c’est Jean Rougeau qui prend les règnes de la lutte locale avec les As de la Lutte et Carpentier agit comme lutteur et commentateur à la télévision. Quelques années plus tard, insatisfait de son utilisation, il devient l’un des actionnaires de Lutte Grand Prix lors de sa création en 1971, en compagnie, entre autres, de Maurice « Mad Dog » Vachon et d’Yvon Robert.

En 1980, plusieurs années après la fermeture de Lutte Grand Prix, les promotions Varoussac de Gino Brito, Frank Valois et du Géant Ferré débutent leurs activités. Puisqu’il est en fin de carrière, Carpentier devient alors commentateur à la télévision à temps plein, décrivant avec enthousiasme les exploits des lutteurs et immortalisant des expressions comme « Ça fait mal croyez-moi » et le célèbre « À la semaine prochaine, si Dieu le veut ! ». De décembre 1984 jusqu’à a fin de la décennie, il est utilisé dans le même rôle, mais pour le compte de la WWE. C’est également pour l’organisation américaine qu’il lutte une dernière fois, lors d’une bataille royale de légendes en 1987, mettant ainsi un terme à une carrière de 35 ans.

Édouard Wieczorkiewicz est venu lutter au Québec en 1956 pour un contrat de trois mois ; il est y demeuré pour le reste de sa vie. Dans ses capacités de lutteur, commentateur et entraîneur, il aura captivé plus d’une génération d’amateurs, transmettant sa passion pour la lutte professionnelle et inspirant de nombreux jeunes talents à suivre ses traces.

Édouard Carpentier est décédé à Montréal, le 30 octobre 2010.

- Pat Laprade, historien de la lutte professionnelle




 


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