Biographie de: BRODEUR, Martin

Naissance : 6 mai 1972 à Montréal
Intronisation : 2015
Discipline : hockey
Catégorie : athlète


Martin Brodeur, qui inscrit officiellement son nom en lettres d'or dans l'histoire sportive du Québec, dont il a écrit l'un des plus brillants chapitres, sera éventuellement l'homme de tous les panthéons.

Dans son cas, le Panthéon des sports du Québec s’est prévalu d’une disposition de son règlement qui permet d’introniser un athlète sans avoir à attendre quatre ans après la fin de sa carrière. Brodeur, qui est entré au Temple de la renommée de la Ligue junior majeur du Québec ce printemps, est déjà assuré de trouver une niche dans celui de la Ligue nationale dès que le critère d'éligibilité le lui permettra. On peut également présumer que celui du sport canadien lui réservera éventuellement une place de choix.

Quand même étonnant que Brodeur ait connu une carrière aussi phénoménale après avoir eu à choisir un jour entre une carrière d'attaquant et celle de gardien de but. Il avait quatre ans quand il a chaussé les patins pour la première fois. Tout de suite, il s'est épris du hockey. Quand il jouait avec des copains et son frère Denis, dont il est le cadet de deux ans, il était tantôt Ken Dryden, tantôt Guy Lafleur. À sept ans, on lui a demandé de se brancher. Désirait-il progresser dans le hockey à titre d'attaquant ou de gardien? Il a trouvé la décision difficile, mais il a choisi de porter les grosses jambières.

Peut-être que la carrière de son père, devenu un photographe de sport émérite après une carrière dans les buts qui lui a notamment permis de mériter une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Cortina d'Ampezzo en 1956, a été d'une certaine influence.

Martin est tombé très jeune dans la potion magique du hockey professionnel en accompagnant souvent son père dans le vestiaire du Canadien. Papa Brodeur ne se gênait pas pour prédire aux Glorieux de l'époque, dont Patrick Roy, qu'il le verrait un jour dans la Ligue nationale. Ils l'ont beaucoup vu. Peut-être un peu trop à leur goût certains soirs.

Pendant que son père était occupé à photographier les athlètes les plus populaires du Québec, de beaux rêves commençaient à germer dans la tête de Martin. L'odeur du vestiaire des Glorieux lui chatouillait les narines tout en aiguisant lentement son appétit pour le hockey.

Il était loin d'imaginer qu'il deviendrait un jour le plus grand gardien de but de l'histoire. Ses records de 691 victoires et de 125 jeux blancs ne seront probablement jamais battus. Son plus proche poursuivant, Roberto Luongo, âgé de 36 ans, accuse un énorme retard de 290 victoires et de 57 blanchissages alors que la fin de sa carrière approche.
En cours de route, c'est avec une fierté évidente que Brodeur a remporté l'or aux Jeux de Salt Lake City, contribuant ainsi à forger le premier duo de gardiens père-fils médaillés des Jeux olympiques Facile d'approche, généreux de son temps, un vétéran journaliste new-yorkais a déjà dit de Brodeur qu'il avait été l'athlète professionnel le plus courtois et le plus facile à côtoyer durant sa carrière.

Ce grand hockeyeur québécois, issu d'une famille sportive tissée serrée, a maintenant droit aux plus grands honneurs. Au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec, il accole aujourd'hui son nom à ceux des Jean Béliveau, Maurice Richard, Henri Richard, Mario Lemieux, Patrick Roy et évidemment des deux grands qu'il personnifiait durant son enfance, Guy Lafleur et Ken Dryden.

Une brochette glorieuse que sa carrière exceptionnelle vient enrichir.

Bertrand Raymond




 


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