DUGRENIER, Martine

Le destin de chaque personne commence par un rêve. Celui de Martine Dugrenier était d’être gymnaste. C’était sa passion et elle avait même décroché une bourse d’une université américaine pour y bâtir sa carrière postsecondaire sur les tapis et les engins. Mais le destin devait en décider autrement. Une blessure l’empêcha de donner suite à ce rêve alors que le destin facétieux lui en réservait un autre.

Inscrite au collège Vanier sous les conseils de son entraîneur pour aller y parfaire son anglais - ne devait-elle pas s’en aller aux États-Unis l’année suivante? - elle choisit la lutte comme cours d’éducation physique non pas par intérêt, mais plutôt parce que c’était le seul qui convenait à son horaire. C’est là qu’elle fit une rencontre déterminante dans sa vie, celle de l’entraîneur de lutte émérite, Victor Zilberman. Les tapis de lutte remplacèrent ceux de gymnastique. Voyant le talent dans cette jeune lutteuse qui s’ignorait encore, il mit deux ans à la convaincre de se tourner définitivement vers la lutte. Après le collège Vanier, elle poursuivit ses études à l’université Concordia où elle entreprit sa carrière de lutteuse avec les Stingers avec brio. Elle gagna les championnats universitaires lors de ses trois dernières années d’études et fut nommée athlète féminine de l’année de 2002 à 2004.

Vint ensuite l’ouverture sur le monde. Un premier grand titre aux championnats mondiaux universitaires lui donna le goût d’aller plus loin. Et ça tombait bien, les femmes venaient d’être admises en lutte libre aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004. Mais la qualification lui échappa. Dans sa préparation pour Beijing 2008, elle alla chercher trois médailles de d’argent consécutives aux championnats du monde.

Mais c’est la médaille d’or des championnats panaméricains de lutte qui lui permit de se qualifier pour Beijing et elle devint la première Québécoise à prendre part aux Jeux olympiques dans cette discipline. C’est en tant que l’une des favorites chez les 63 kg qu’elle se présenta en Chine. Cependant, une défaite en début de tournoi lui rendit les choses difficiles. Elle réussit néanmoins à accéder au match de médaille de bronze qu’elle perdit dans les derniers instants du combat. Déçue de sa cinquième place, elle se consola bien vite avec trois titres de championne du monde consécutifs, en plus d’une médaille de l’Assemblée nationale en 2008.

Vint ensuite un autre rendez-vous olympique en 2012, à Londres cette fois. Martine n’y était pas à son meilleur, ennuyée par une blessure au bras. Elle s’est battue à nouveau pour le bronze et elle fut défaite par la Mongole Battsetseg Sotonzobold qui l’a battue à son dernier combat, avec le même résultat qu’à Beijing.

Elle a pris sa retraite en mai 2015, un peu forcée par ce bras affaibli, au terme d’une carrière où elle n’aura jamais baissé… les bras! Intronisée au Temple de la renommée de la United World Wrestling en 2016, Martine partage maintenant sa passion avec les étudiants du Collège Vanier, là où tout a commencé pour elle. Et peut-être y découvrira-t-elle un nouveau talent parmi les élèves qui auront choisi son cours pour satisfaire les exigences d’une case horaire. Qui sait?

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