Biographie de: NORMANDIN, Michel

Né : le 9 novembre 1913 à Saint-Pierre-aux-Liens de Ville Saint-Pierre.
Décès : 12 novembre 1963
Intronisation : 2016
Discipline : Journalisme
Catégorie : Bâtisseur
 
 
« C’est la lutte ce soir! » est la phrase avec laquelle Michel Normandin commençait la diffusion de l’émission « La Lutte », qui commença à être diffusé en direct du Forum à compter de janvier 1953. Elle était retransmise tous les mercredis soirs à 21 heures et elle diffusait toutes les préliminaires jusqu’au début de la finale, après quoi la diffusion était coupée. « Le mercredi, l’émission se terminait juste avant la finale au Forum afin d’attirer des foules de plus en plus grande à chacun des programmes. On laissait les spectateurs à la maison avec Yvon Robert prêt à affronter son adversaire », explique Fernand Ste-Marie, annonceur maison pour la Lutte Grand Prix et les As de la Lutte dans les années 1970.
 
Bien avant Joey Styles et la ECW dans les années 1990 aux États-Unis, Michel Normandin était seul aux commandes de l’émission. Mais il n’en était pas à ses premières armes, loin de là. Selon les archives de Radio-Canada, Normandin « fait partie de la première génération de commentateurs sportifs à Radio-Canada ». En 1936, quelques 16 ans avant la venue de la télévision au Québec, Normandin commente les joutes du Canadien de Montréal avec son émission « Bonsoir Canada », qui est en quelque sorte l’ancêtre de « La Soirée du Hockey ». Son rythme, son débit, sa façon de parler et son habileté à rendre intéressant à peu près n’importe quoi font de lui le commentateur idéal. « Michel Normandin était un commentateur et un animateur très coloré! » se souvient le journaliste Réjean Tremblay dans son documentaire sur la lutte. D’ailleurs, la lutte ne sera pas le seul sport qu’il commentera. En effet, Normandin aura été pendant 13 ans la voix des Royaux de Montréal, l’équipe de baseball de la Ligue Internationale, qui avait dans ses rangs un jeune Jackie Robinson. Aussi, il sera le premier commentateur à la télévision pour le Canadien. Il fut aussi commentateur pour les Alouettes de la CFL, de même que les quilles, en direct du célèbre salon de quilles Champion.
 
Mis à part son travail de commentateur, Normandin était le publicitaire de la Brasserie Dow, ce qui explique que la Brasserie, aujourd’hui faisant partie de la grande famille Molson, fut un commanditaire de « La Lutte ». Il fut longtemps un grand ambassadeur du sport vendant la lutte comme un produit aussi important que tout autre sport qu’il présentait au public. Plusieurs qualifiaient sa mémoire d’exceptionnelle car il avait une facilité à se souvenir des noms. « C’est une personne qui est synonyme avec les débuts de la télévision au Canada, une personne unique, emballante et dynamique. », rappelle son gendre Fernand Ste-Marie, qui suivit ses traces dans la lutte quelques années après son décès.  
 
C’est définitivement avec Michel Normandin et la télévision que la lutte connaît son premier âge d’or au Québec. Toujours selon les archives de Radio-Canada, à l’automne 1955, « La Lutte » se classe 7e dans les émissions les plus populaires à Montréal. Entre novembre 1957 et février 1958, un sondage révélait que « La Lutte » était écoutée en moyenne par 1 495 000 personnes. À titre comparatif, le hockey attirait 2 117 000 et la boxe 1 664 000.
 
Malheureusement pour la lutte et le sport au Québec, Michel Normandin décéda à la suite d’une terrible crise cardiaque le 12 novembre 1963. Il laissa entre autres comme héritage au monde de la lutte son célèbre « Un, deux, trrrois », qui encore aujourd’hui est utilisé en son hommage. Il n’était âgé que de 50 ans.  En 2010, il est finalement admis au Temple de la renommée de la lutte au Québec.

Pat Laprade et Bertrand Hébert
Extrait de « À la semaine prochaine, si Dieu le veut » Éditions Libre-Expression




 


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